Consœurs, Confrères,

Comme vous le savez, l’Employeur a annoncé la prolongation du télétravail dans tous les secteurs. Nous sommes conscients que ce prolongement est une bonne nouvelle pour certain(e)s d’entre vous, mais pourrait causer quelques désagréments pour d’autres. Afin que nous puissions encadrer correctement cette nouvelle réalité dans nos échanges avec l’Employeur, veuillez nous partager votre opinion à l’adresse courriel suivante :

sevltt@sevl2815.com

Aussi, nous aimerions savoir si vous avez besoin d’aide pour rendre votre espace de travail plus ergonomique. Alors, pour toute question ou incertitude par rapport à votre installation à la maison, veuillez nous écrire à l’adresse courriel suivante :

sevlcovid19@sevl2815.com

Prenez note que sans votre participation, il sera impossible pour nous d’être au fait de tous les problèmes causés par ce contexte de pandémie. De ce fait, il est essentiel que vous preniez le temps de nous faire part de votre point de vue.

De plus, un communiqué décrivant l’agenda syndical de l’automne sortira sous peu.

Soyez prudents et restez en sécurité !

Au nom du Comité exécutif,

Nick Mingione, président du SEVL-SCFP-2815

Alors que le gouvernement fédéral est sur le point d’annoncer les modalités de son Fonds pour la large bande universelle, d’un montant de 1,7 milliard de dollars, le SCFP-Québec en appelle à des règles qui maximiseront la relance économique et la création d’emplois au Canada.

D’emblée, le SCFP salue l’initiative du gouvernement qui permettra d’étendre l’accès à Internet haute vitesse, service critique pour la société et l’économie en période de pandémie. Cependant, alors que le marché de l’emploi et l’économie du Canada traversent des turbulences extrêmes, l’enjeu des retombées régionales et nationales du fonds est crucial.

« Les grandes compagnies de télécommunication qui vont bénéficier du Fonds pourraient être tentées de l’utiliser pour payer des sous-traitants, des filiales et de la main-d’œuvre situés à l’extérieur du pays. Mais on parle ici de fonds publics, alors il faut absolument maximiser les retombées pour l’économie canadienne. L’argent des contribuables doit créer de l’emploi au Canada. Donc, il faut interdire aux entreprises subventionnées par le Fonds d’avoir recours à la sous-traitance à l’étranger ou à des filiales implantées hors du pays pour la réalisation des travaux. Par la suite, il faudra appliquer cette même interdiction à l’exploitation des services de télécommunication dans les régions desservies », a expliqué Nick Mingione, président du Conseil provincial du secteur des communications (CPSC) du SCFP-Québec.

Le CPSC a abordé cette revendication en juin dans une lettre au ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, Navdeep Bains, et à la ministre du Développement économique rural, Maryam Monsef.

Selon un sondage réalisé à la demande du SCFP par la firme CROP avant le confinement découlant de la pandémie, les Québécoises et Québécois appuient largement la position exprimée. 86 % des 1011 participants à ce sondage s’opposent à ce que des entreprises de télécommunication délocalisent des emplois à l’extérieur de nos frontières si elles sont subventionnées.

Lorsqu’informés du fait que les compagnies de télécommunication sous-traitent certaines de leurs activités à l’étranger, 84 % des répondants se sont dit inquiets pour la protection de leurs données personnelles, et 84 % également inquiets pour la sécurité nationale.

Le CPSC-SCFP s’apprête d’ailleurs à lancer une campagne publique en faveur de la création d’emplois au Canada dans le secteur des télécommunications.

Source : https://scfp.ca/moment-charniere-imminent-dans-les-telecommunications-pour-la-relance-de-leconomie-canadienne

Après plusieurs rencontres entre mars 2019 et mars 2020, les discussions avaient temporairement cessé en raison de la COVID-19. Comme vous le savez, les parties ont dû donner la priorité à mettre en place les mesures nécessaires pour permettre aux travailleuses et travailleurs de maintenir le service aux usagers.

Nous avons par ailleurs offert à l’Employeur de procéder à un blitz de négociations dès le début du mois de mai, pour voir si nous ne pouvions pas en venir à une entente rapide. Après quelques semaines d’attente, l’Employeur nous a indiqué être intéressé à procéder le 18 juin dernier. Trop peu, trop tard? Il semble bien que oui…

Nous avions au moins trois gros chantiers. La situation problématique de sous-traitance à la qualité technique et dans les centres d’appels ainsi que les discussions débutées à l’ingénierie. L’objectif était de tenter de mettre un cadre satisfaisant pour les deux parties avant de finaliser les discussions à l’automne. Vous comprendrez que la montagne était haute pour le temps qu’il restait avant les vacances estivales.

Une stratégie de dernière minute?

Nous avons sollicité l’Employeur dès la première semaine du mois de mai. Il aura fallu plus de 4 semaines avant que celui-ci obtienne un « mandat ». Après à peine quelques heures de discussions, nous avons dû lui rappeler une chose : le taux actuel de sous-traitance prévu à la convention collective est de 40%, autant à la qualité technique que dans les centres d’appel. Présentement, l’Employeur demande des concessions supplémentaires de ratio de sous-traitance et n’offre aucune compensation intéressante et suffisante pour les membres syndiqués. L’Employeur avait en tête de reconduire la convention collective avec des nouveaux ratios de sous-traitance mais sans rien donner en retour.

Soit l’Employeur n’a pas évalué correctement ce qu’il demandait comme concessions, soit il était simplement curieux de voir quelles priorités étaient les nôtres. Peu importe, le résultat est le même. Nous avons maintenu que sans compensation et sans protection intéressante, aucune nouvelle concession ne serait accordée à l’Employeur.

Retour à la table dès septembre.

Après l’ultimatum syndical de trouver une piste de compensation acceptable ou de diminuer la demande, la porte-parole a finalement indiqué qu’elle n’avait pas de nouveau mandat. Il n’y avait rien de plus sur la table. À quoi bon s’acharner?

Nous allons donc prochainement établir un calendrier pour septembre et reprendre la négociation. Nous aurions aimé pouvoir assurer un encadrement concernant le télétravail. Malheureusement, ce sujet n’a même pas été abordé. Pourtant le temps presse !

Bâtir ENSEMBLE, vraiment?

Comme vous êtes à même de le constater, l’Employeur n’hésite pas à vous remercier, à vous encourager, à vous dire combien vous êtes bons et beaux. Nous sommes bien d’accord. Nous souhaitons, par ailleurs, que ces bonnes paroles appréciées de toutes et tous soient accompagnées de considération à la table de négociation. Si on décode le message de l’Employeur sous l’angle des négociations actuelles, ça sonne comme : « Vous êtes bons et beaux, on vous respecte, on s’occupe de vous mais je vais donner de plus en plus de travail aux sous-traitants, je ne vais pas respecter votre juridiction (vos tâches) et je vais contourner votre convention collective ». Quelle incohérence !?  En effet, malgré l’augmentation globale des employé(e)s chez Vidéotron, le nombre d’employé(e)s syndiqué(e)s demeure le même depuis les 3-4 dernières années. Ceci explique cela !

Toujours au rendez-vous!

Historiquement, nous avons toujours appuyé l’Employeur pour donner la marge de manœuvre nécessaire à son épanouissement. Aujourd’hui, Québecor est une compagnie transportée par Vidéotron. Elle est très dynamique et extrêmement rentable, comme en font foi les 4.29 milliards de revenu et les 494 millions de bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements (BAIIA), une hausse de 7.4% par rapport à 2018.  Le secteur des télécommunications, c’est plus ou moins 80% des revenus de la maison mère et plus de 95% du BAIIA. Notons que les chiffres sont à la hausse pour les trois premiers mois de l’année. LA situation COVID ne devrait pas être dramatique pour Vidéotron puisqu’il demeure un service essentiel.

L’Employeur a bénéficié de la marge de manœuvre, ne serait-ce pas maintenant le temps de partager un peu ce succès? Ce n’est pas les quelques 400 millions de profit qui nous intéressent, mais bien une juste part. Cette part se traduit par des taux de sous-traitance respectueux; un respect de notre juridiction; d’associer ses employé(e)s dans l’évolution ou la transformation de nouveaux emplois; par des augmentations salariales raisonnables et par une priorité donnée aux employé(e)s syndiqué(e)s – par opposition à donner les tâches qui nous reviennent à des « partenaires » (modèle clés en main), des analystes, des ingénieurs et même à des cadres.

Retour à la réalité.

Le message ne passe pas de l’autre côté de la table. L’Employeur semble penser que les taux consentis sont normaux. Il est surpris d’une position syndicale à l’effet que nous sommes d’accord à partager nos tâches et notre juridiction mais nous désirons ramener ce partage à un niveau tolérable. Ces tâches nous reviennent de droit !!! Tel est ce qui est convenu à notre certificat d’accréditation.

L’Employeur met beaucoup d’énergie à nous flatter et faire grand état de la réussite de la compagnie. Il devrait mettre autant d’énergie à respecter notre contrat de travail et considérer nos demandes. Parallèlement, il continue d’implanter son organisation transversale et sa virtualité interprovinciale en ne négociant pas les termes avec les représentants syndicaux.

Belle façon de nous respecter et de nous féliciter et d’avoir été au rendez-vous ! Belle façon de souligner notre flexibilité dans des conditions de travail rendu difficiles en temps de pandémie !

Pas de panique

Nous avons donc besoin de vous, de votre patience et de votre support pour que l’Employeur comprenne enfin le message que nous lui répétons sans cesse. Nous aurons tôt ou tard la nécessité de nous entendre. Nous ne lui demandons rien d’extraordinaire : juste un peu de considération, de respect et de reconnaissance se traduisant par des gestes concrets.

La négociation d’une convention collective est l’affaire de toutes et tous et non pas seulement du Comité de négociation ou du Comité exécutif.  Vous pouvez nous aider en dénonçant le non-respect de la convention collective ou de la juridiction à vos représentants syndicaux et à l’Employeur. Il est utile que ce message provienne autant de vous que de la structure syndicale. Il ne faut pas être gêné de faire respecter nos acquis et nos droits. C’est une façon respectueuse de rappeler à l’Employeur que nous tenons à nos conditions de travail.

Il est grand temps que l’Employeur nous place au centre de sa réussite.

Il est grand temps que l’Employeur passe de la parole aux actes et traduise toutes les félicitations et les beaux discours en une amélioration de nos conditions de travail et à une protection de nos emplois!

OUI AUX CHANGEMENTS, MAIS PAS SANS NOUS!

Nick Mingione, président du SEVL-SCFP-2815